Toi qui es là, près de moi, et me regarde
Tes yeux me voient–ils vraiment?
Si je t’écris, vois–tu les mots de mon cœur à sang?
Vois–tu ma peine, tout ce que je farde?

Es–tu attentif à ce que je vis intérieurement
Ou ne vois–tu que ce qui paraît à la surface
Ton cœur n’est–il vraiment que de glace
N’écoute–t–il que ce qu’il entend?

Écoute ma vie solitaire et difficile
Écoute ses pleurs d’argile
Écoute la souffrance de mon corps
Écoute tous mes remords

Écoute ma bouche qui retient son cri
Écoute–la elle est comme crispée,
À force de montrer à chacun qu’elle sourit
Même si en dedans elle gémit, affligée

Écoute ma peur qui souvent se cache
Écoute ma honte parsemée de taches
Écoute ma solitude qui se montre très forte
Mais qui, au fond de moi, est comme morte

Écoute, comme ce papier qui accueille
Toutes mes peines et tous mes deuils
Écoute–moi, toi qui n’écoutes plus
Écoute–moi… m’écoutes–tu?